CHIMIC / INSTANTS ALÉATOIRES

CHIMIC

Des négatifs de films instantanés périmés, desséchés, exposés à la lumière ; les produits chimiques peinent à imprimer la réalité physique et dessinent un paysage intérieur où se délite la photographie pour nous montrer un peu de ce qui nous est invisible, ce qui précède l’image.

            Nous sommes aveugles dans l’obscurité

            Par absence de lumière

           Comme nous sommes aveuglés par la lumière

           Par absence de nuance.

 

           Hassan Wabhi,  Carnet d’un regard

 

Tout comme la partition pour la musique ou l’équation pour les mathématiques, la pellicule est l’écriture d’un langage. Ce langage visuel témoigne de l’existence d’une réalité, de ma présence physique à cette réalité, de mes émotions, de ma perception des liens qui régissent la matière. Je pratique la photographie pour explorer et traduire ce sentiment d’appartenance et de permanence.

Comme beaucoup de confrères, j’ai utilisé au fil des années de multiples supports et façons de photographier. Progressivement s’est imposée l’idée que l’ « extraordinarité » de la photographie argentique n’est pas tant qu’elle soit capable de fixer « l’instant décisif », d’immortaliser un moment (le monde est fait d’évènements, pas de choses), de décrire ou montrer en soit, mais qu’elle contienne, incarne, matérialise, transcende la Matière, le Temps même.

Dans le monde du vivant, par un lien étroit entre le sujet et son support, les interactions entre les espèces tissent la matière qui nous constitue et nous relie. L’argentique est un de ces tissus. La nature de cette matière, contient une part d’imprévisible, de mystère, un sens du précieux, une émotion, induits par sa chimie, et surtout le temps de latence qu’elle exige. Tout comme la mousse sur la roche, une photographie a besoin de temps pour exister.

CHIMIC se rapproche des formes et des textures que l’on découvre dans l’Univers aujourd’hui ainsi que du foisonnement de la vie microscopique de la nature qui nous héberge. Une paréidolie de paysages, de formes, de couleurs et de textures, apparaissent, interprétées par une vision en quête de sens, comme s’il fallait nous rappeler sans cesse que nous faisons partie de ce processus,  d’un équilibre, qu’il convient de respecter.

Série composée d’environ 50 images. Tirages en vente sur commande.

 

Negatives from expired instant film, dried out, exposed to light; chemicals struggle to capture physical reality and sketch an inner landscape where photography disintegrates to reveal a glimpse of what is invisible to us, what precedes the image.

 

We are blind in the dark

Due to the absence of light

Just as we are blinded by light

Due to the absence of nuance.

 

Hassan Wabhi, Carnet d’un regard

 

Just like a musical score or a mathematical equation, film is the writing of a language. This visual language bears witness to the existence of reality, to my physical presence in that reality, to my emotions, to my perception of the connections that govern matter. I practice photography to explore and translate this sense of belonging and permanence.

 

Like many of my colleagues, I have used multiple media and ways of photographing over the years. Gradually, the idea emerged that the “extraordinary” nature of film photography is not so much that it is capable of capturing “the decisive moment,” immortalizing a moment (the world is made up of events, not things), describing or showing in itself, but that it contains, embodies, materializes, and transcends Matter and Time itself.

In the living world, through a close link between the subject and its medium, interactions between species weave matter together.

Film is one of those fabrics. The nature of this material contains an element of unpredictability, mystery, a sense of preciousness, an emotion, induced by its chemistry, and above all the latency time it requires. Just like moss on a rock, a photograph needs time to exist.

CHIMIC is similar to the shapes and textures we find in the universe today, as well as the abundance of microscopic life in the nature that surrounds us. A paréidolia of landscapes, shapes, colors, and textures appears, interpreted by a vision in search of meaning, as if to constantly remind us that we are part of this process, of a balance that must be respected.

Prints available on order.

50 pigment prints on fine art 350g museum quality paper 41×53 cm, and 80×93 cm for the limited edition of 8 plus 2 artist’s proof.