MATTERS MATTER

MATTERS MATTER

La série photographique Matters Matter présente, sous forme de natures mortes, des déchets, traces négligées de l’histoire qui nous habite et nous est commune.

De l’histoire passée, nous héritons et apprécions les arts, l’architecture, les livres. Ce sont les principales empreintes laissées par les civilisations. De nos jours, les déchets sont devenus la trace la plus importante et la plus durable de notre existence quotidienne. Ecrasés, balayés, jetés, récupérés après nos passages, ils témoignent d’un mode de vie planétaire aussi complexe que désinvolte, aussi paradoxal qu’inégal.

Au XXI°ème siècle, chacun de nous jette plusieurs fois par jour des matières à la poubelle, dans la rue, ou encore dans la nature. Ce geste accompli en demi-conscience est oublié une seconde après. Ainsi nous affirmons notre déconnection de la nature organique des éléments, ceux-là qui constituent pourtant l’essence même du vivant. Mais loin des yeux les déchets continuent à se transformer et ne sont donc pas inertes. Ils s’intègrent à un univers en mouvement et rejoignent les milliards de particules qui composent l’énergie et la matière dont nous sommes issus.

“J’ai trouvé intéressant de voir comment votre série transforme les déchets quotidiens en quelque chose de fragile et de précieux, révélant dans le banal une présence quelque peu mystique.” Fabian Knierim, conservateur au Centre de la photographie Westlicht, Vienne, Autriche.

De manière abstraite, les images présentent des ordures collectées au sol dans l’espace ur- bain. Elles interpellent l’œil, intriguent l’esprit, car il est nécessaire pour la plupart des images de «deviner» ce qu’elles représentent. Est-ce quelque chose de connu? Est-ce aussi une pho- tographie, un dessin? Cela conduit inévitablement à une interaction avec le public et en particulier les plus jeunes. Les déchets ne sont pas considérés comme tels tant que leur vraie nature n’est pas révélée. S’ensuit une discussion sur l’apparence, la diversité, l’environnement, et pour certaines images les notions de vie, de mort sont évoquées. Qu’est-ce que la beauté, le répulsif ou l’attrait? J’ai conservé les éléments photographiés qui peuvent également être montrés dans leur forme d’origine en tant qu’installation.

La série est composée d’environ 40 images. Plastiques, Carcasses, Végétaux . Les déchets ont été ramassés dans l’espace urbain.

 

The Matter Matter photographic series presents waste as still lives, a neglected traces of the common history we share. From the past we inherit and enjoy arts, architecture, and books. These are the main imprints left by civilisations. Today waste has become the most important, long lasting trace of our daily existence. Our wastes bear witness to a planetary lifestyle as complex as it is casual, as paradoxical as it is unequal.

In the XXI rst century each of us throws garbage at home in the street, in the wild, everyday. This gesture is accomplished in half consciousness and forgotten a second later. Crushed, swept, thrown, stepped on recovered after our passage, I have gathered plastics, carcasses, and plants all collected within the urban space. Our disregard for all these living matters might be one more way to remain disconnected from the organic nature of the elements which constitute the very essence of all forms of life. Far from the eyes the waste continues to transform. It is not inert. Molecules, fibers, cells while decomposing become part of a moving universe and join the billions of particles that make up energy and matter.

“I found it interesting to see how your series turns everyday garbage into something fragile and precious, revealing a mundane presence in the banal.” Fabian Knierim, curator at the Westlicht Photography Center, Vienna, Austria.

In an abstract way the images present garbage collected on the ground in the urban space. They challenge the eye, intrigue the mind, because it is necessary for most images to « guess » what they represent. Is it something known. Also is it a photography, a drawing? This inevitably leads to interaction with the public and especially younger ones. Waste is not regarded as such until its true nature is revealed. Follows a discussion on the appearance, the diversity, the environment, and for some images the notions of life, death are evoked. What is beauty, repellent or attractiveness? I kept the photographed elements which could also be shown in their original form as an installation.

The series is composed of about 40 images. Plastics, carcasses and plants. All wastes have been collected in an urban space.

 

Tirages en vente sur commande. Prints available on order.

Pigment prints on Hahnemühle William Turner 350g 40×40 cm, and 80×80 cm for the limited edition of 8 plus 2 artist’s proof.